L'architecture du financement des infrastructures en Afrique de l'Ouest repose sur un équilibre délicat entre soutenabilité de la dette souveraine et accélération des investissements structurants (énergie hydroélectrique, corridors routiers, infrastructures hospitalières). Durant plus d'une décennie passée à la Direction de la Coopération et des Financements Extérieurs puis à la Direction de l'Investissement, l'impératif cardinal a toujours résidé dans la qualité de préparation technique des projets soumis aux guichets de l'IDA (Banque Mondiale) et du Groupe de la BAD.
En qualité d'Administrateur et Président du Comité d'Audit de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), nous avons porté une réforme exigeante des mécanismes de contrôle interne et de conformité aux normes IFRS. La crédibilité d'une institution financière sous-régionale auprès des agences de notation internationales dépend directement de l'indépendance de son comité d'audit, de la traçabilité des décaissements et de l'évaluation rigoureuse du taux de rentabilité socio-économique de chaque franc CFA investi.
De même, au sein de la Société de Gestion de l'Énergie de Manantali (SOGEM — OMVS), la coopération énergétique inter-étatique entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie démontre que la mutualisation souveraine des garanties permet de sécuriser des financements à long terme tout en réduisant le coût du kilowattheure pour les ménages et le tissu industriel.